Le guarana, un vieux remède anti-âge

Consommé essentiellement par des indigènes d'Amazonie pour ses effets énergisants et stimulants (1), le guarana s'avère également être un anti-âge, méconnu par cette population. Diverses observations menées auprès de cette dernière ont, en effet, révélé une durée de vie plus longue chez les sujets incluant quotidiennement cette plante dans leurs régimes (2). Le véritable mécanisme derrière cette action semble, toutefois, encore incertain. Une propriété antioxydante puissante est, cependant, avancée dans la plupart des études pour expliquer tel effet.

En outre, il a pu aussi être observé que la prévalence des pathologies chroniques liées à l'âge est corrélée négativement à la prise du guarana (3). Ceci est notamment dû aux vertus anti-inflammatoires et immunostimulantes que possède cette plante. À cela s'ajoute ses innombrables bienfaits sur le système cardio-vasculaire (4). Il pourrait s'agir d'une nouvelle thérapie contre ce groupe de maladies qui, d'ailleurs, tend à croître significativement depuis quelques décennies.

Le guarana, un antioxydant puissant contre le stress oxydatif

Pour mettre en évidence l'effet antioxydant du guarana, une étude (5) a été menée sur des espèces de Caenorhabditis elegans. Il s'agit d'un nématode non-parasitaire couramment utilisé en biologie comme modèle dans les diverses expériences. Les vers utilisés étaient tous d'un jour à l'âge adulte et élevés dans les mêmes conditions. Ils étaient, en outre, soumis à une dose léthale de pro-oxydant, le juglone. Les extraits de guarana utilisés ont été, par ailleurs, obtenus à partir de graines rôties de la plante. Le recours à une chromatographie en phase liquide à haute performance a permis, en outre, de déterminer la teneur de ceux-ci en caféine (102.8 mg/g), en théobromine (1.0 mg/g) et en théophylline (2.3 mg/g).

L'observation consiste à vérifier d'abord l'effet in vitro, puis in vivo de l'extrait du fruit d'une part et de ses composés d'autre part sur ce modèle.

À l'issu de l'étude, il a été remarqué que les extraits de guarana in vitro ne sont pas plus efficaces que les antioxydants habituels comme la vitamine C ou l'epigallocatechin gallate. Les extraits d'alcaloïdes n'ont, en outre, donné aucun effet.

In vivo, par contre, de nets résultats ont pu être constatés. À la différence du groupe contrôle, celui préalablement traité avec l'extrait de guarana a montré une résistance notable face aux effets du pro-oxydant. Plus de 71% des C. elegans de ce second groupe ont effectivement survécu au bout de 24 heures aux effets du juglone. Les extraits de la plante ont donc amélioré efficacement la résistance des vers face aux effets du stress oxydatif. Aucune différence notable n'a été retrouvée chez les vers témoins et ceux traités aux extraits d'alcaloïdes.

Cette étude a alors permis de montrer que le guarana constitue un puissant antioxydant in vivo. Ce sont, en outre, les extraits de guarana qui présentent cette propriété et non ses composés pris isolément. Cependant, des études plus profondes sont nécessaires pour comprendre le mode d'action de ce fruit et identifier ses réels bienfaits sur la santé humaine.

Le mécanisme d'action des effets du guarana sur la durée de vie

Pour essayer de comprendre le mode d'action du guarana sur la durée de vie, une observation a été effectuée sur des espèces de C. elegans présentant certaines mutations génétiques. Le groupe témoin, quant à lui, est constitué de vers sauvages.

L'extrait de guarana employé était obtenu par l'utilisation de poudre de graines grillées et d'éthanol à 70%.

Lors de l'étude, les vers étaient placés sur trois types de plaques préalablement enduites d'extraits éthanoliques du fruit dissouts dans de l'eau distillée froide. La concentration dans chaque plaque était de 100, 500 et 1000 mg/ml. La culture était maintenue à une température de 20°C et ce, jusqu'à ce que les vers atteignent l'âge adulte.

À la fin de l'expérience, un changement de la durée de vie des nématodes était observée, variant cependant selon le groupe. Ceux qui servent de contrôle présentent normalement une durée de vie moyenne de 11 jours et un maximum de 14 jours. Élevés dans les plaques, ils ont survécu en moyenne jusqu'à 13 jours dans la première concentration et 15 jours dans les deux autres. Et au maximum, ils présentaient une longévité de 28% dans chaque concentration. La prolongation de la durée de vie des animaux est donc d'autant plus importante que la concentration de l'extrait éthanolique du fruit élevé.

Dans les autres cas, une extension notable de la durée de vie était observée chez les mutants mev-1. Cette mutation est connue comme pouvant rendre les vers hypersensibles au stress oxydatif et prématurément vieux par rapport au groupe témoin (6). Ce résultat montre qu'il y a une relation entre l'amélioration de la durée de vie et l'effet antioxydant du guarana. Un autre résultat notable à l'issu de l'étude est l'inexistence d'aucune amélioration chez les mutants daf-16, skn-1 et hsf-1.

- Daf-16 intervient dans le passage des vers au stade dit dauer au cours duquel ils parviennent à survivre dans des conditions les plus défavorables. Une mutation de ce gène réduit ou empêche alors le passage des nématodes vers cette forme (7).

- Skn-1 est essentielle pour la survie des nématodes lorsqu'ils ne parviennent pas à passer à la forme dauer suite à une déficience de la signalisation stimulée par l'insuline (8).

- Hsf-1 est, en outre, nécessaire pour déclencher le passage vers le stade dauer en cas de température trop forte ou trop basse. Une mutation de ce gène semble, par ailleurs, supprimer la longévité dans une voie de signalisation analogue à celle de l'insuline (9).

> Ces voies, impliquant la signalisation de l'insuline, sont donc essentielles à l'action du guarana sur la longévité. Une absence d'extension de la durée de vie chez ceux présentant une mutation d'ador-1, un homologue du récepteur d'adénosine, était également observée. Cela indique une possible implication du système purinergique dans l'amélioration de la longévité.

Cette observation a donc permis de démontrer que l'effet anti-âge de l'extrait de guarana est plus important lorsque sa concentration est élevée. Celui-ci est, par ailleurs, basé sur la propriété antioxydante du fruit. L'extrait éthanolique de guarana nécessite, par ailleurs, les voies daf-16, skn-1 et hsf-1 et agit comme récepteur orthologue de l'adénosine humaine pour prolonger la durée de vie.

 

Références

 

(1) Schimpl FC, et al. «Revisiter une plante très caféinée d'Amazonie.» J Ethnopharmacol. 2013.

(2) Ribeiro EE, et al. Dossier: Éditeur Culturel d'Amazonie. 2012.

(3) Krewer CC, et al. «Apport habituel de guarana et morbidités métaboliques: étude épidémiologique d'une population amazonienne âgée.» Phytother Res. 2011.

(4) Hamerski, L. et al. «Paullinia cupana Kunth (Sapindaceae): Revue de son ethnopharmacologie, de sa phytochimie et de sa pharmacologie.» J. Med. Plantes Res. 2013.

(5) Peixoto H. et al. «Potentiel anti-âge et antioxydant de Paullinia cupana var. sorbilis: les découvertes dans Caenorhabditis elegans indiquent une nouvelle utilisation des graines de guarana grillées. »Médicaments. 2017

(6) Kondo M. et al., «Protéine MEV-1 Caenorhabditis elegans.», Wikigenes.

(7) Cysper JR et al. «Hormesis chez Caenorhabditis elegans dauer-mutants efficaces.», Biogérontologie, 2003.

(8) Ewald CY et al. «La signalisation Dauer indépendante insuline / IGF-1 implique un remodelage du collagène dans la longévité.» Nature, 2015.

(9) Morley JF et al. «Régulation de la longévité chez Caenorhabditis elegans par facteur de choc thermique et chaperons moléculaires.» Bio Cell 2004.

 

 

 

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